Voix off américaine en France : de ma première cabine à mon studio, sept ans plus tard
Stéphanie Matard en 30 secondes :
Accent | General American (accent américain standard), sans accent régional. Élevée dans l'Ohio, en France depuis 2010 |
Métier | Comédienne voix off et doublage, anglais américain natif, depuis 2018 |
Studio | Studio professionnel, séances dirigées à distance ou en studio à Paris |
Dans la presse | Deux portraits de Gilles Motteau, en 2019 et en 2026 |
Communauté | Coorganisatrice de VO Social Paris |
« Welcome ! » C'est par ce mot que j'ai accueilli Gilles Motteau chez moi en février 2019. Il écrivait alors pour Le Courrier de l'Eure et venait découvrir une Américaine qui venait de se lancer dans la voix off en Normandie.
Sept ans plus tard, en septembre 2026, il a frappé de nouveau à ma porte, cette fois pour Le Parisien. Même journaliste, même voix, mais un métier qui a beaucoup changé.
Deux portraits à sept ans d'écart, c'est une belle occasion de regarder en arrière : mon studio, mon métier, l'intelligence artificielle et la communauté des voix off. Et de vous dire que je suis toujours là, et bien là.
2018-2019 : une buanderie, une cabine fait maison et beaucoup d'envie
Je suis née au Texas et j'ai grandi dans l'Ohio. J'ai suivi des cours de théâtre et de cinéma pendant toute ma scolarité.
Je voulais être comédienne.
Le déclic pour la voix est venu d'un endroit inattendu : un livre audio en anglais. En l'écoutant, j'ai compris que je pouvais jouer avec ma voix seule, sans caméra.
Je vivais en France depuis 2010 quand, à l'été 2018, je me suis enfin lancée. J'ai déclaré mon entreprise et je me suis installée… dans une buanderie. J'avais très peu de matériel et une cabine d'enregistrement que j'avais fabriquée moi-même.

C'est cette cabine que Gilles Motteau a photographiée en 2019.
À lire : « Le Neubourg : elle prête sa voix aux doux accents anglais et américain », Gilles Motteau, Le Courrier de l'Eure (actu.fr), 5 février 2019.
2026 : un vrai studio professionnel à la maison pour une voix off américaine
Aujourd'hui, j'enregistre toujours chez moi, mais dans une cabine Studiobricks insonorisée et traitée pour des enregistrements de qualité broadcast. La buanderie est redevenue une buanderie !
Ce qui a changé, surtout, c'est ma façon de travailler :
Une spécialité assumée : depuis mes débuts, j'enregistre uniquement en anglais, avec un accent américain standard (General American), sans accent régional. C'est ce que les clients viennent chercher.
Des séances dirigées à distance : agences, producteurs et directeurs artistiques m'écoutent et me dirigent en direct, où qu'ils soient, en France comme à l'étranger.
Des séances en studio à Paris : quand un projet l'exige, je me déplace dans les studios parisiens.
Ce que l'IA change dans mon métier de voix off
Gilles m'a posé la question qu'on me pose le plus souvent aujourd'hui : l'intelligence artificielle va-t-elle remplacer les voix off ?
Inutile de le cacher : l'IA a changé mon métier. En publicité, je le vois concrètement. Pour certains projets, des annonceurs se contentent aujourd'hui d'une voix IA, simplement parce qu'elle coûte moins cher. Une partie de ce marché s'est réduite, et je le ressens.
Mais il y a des projets où une voix de synthèse ne suffit pas. Quand il faut émouvoir, faire sourire, incarner un personnage ou raconter une histoire, certains clients viennent me chercher pour mon interprétation. En séance dirigée, nous pouvons travailler ensemble sur une respiration, une nuance, une intention, jusqu’à trouver le ton juste. C’est vers ces projets que je m’oriente de plus en plus.
J'ai donc fait des choix. Je me concentre sur les projets où l'interprétation fait la différence : le doublage, les personnages et les marques haut de gamme qui ne veulent pas sonner comme tout le monde. Une voix IA peut restituer un texte. Mon travail, c'est de le jouer, et de réagir en direct à ce que me demande un directeur artistique.
VO Social Paris : la force du collectif

La voix off est un métier solitaire : on passe ses journées seule dans une cabine. C'est justement pour rompre cet isolement qu'est née The Voiceover Social, une communauté lancée à Manchester en 2015 et aujourd'hui animée par Rob et Helen Bee. Je leur ai demandé si je pouvais en ouvrir l'antenne parisienne, et c'est ainsi qu'est né VO Social Paris.
La première édition a eu lieu le 27 septembre 2025 à La Felicità, à Station F. Les professionnels de la voix sont venus, de Paris, des régions et même de l'étranger. Et personne n'avait envie de rentrer chez soi !
La deuxième édition s'est tenue le samedi 26 septembre 2026 et cette année, nous avons eu le plaisir d'accueillir des représentants de Light Fader, de Voxing Pro et de l'agence Vokal, venue du Canada, ainsi que de l'association Les Voix. La preuve que ces rencontres rassemblent toute la profession, bien au-delà de nos frontières !
Et je ne le fais pas seule : Estelle Hubert, une voix francophone et ma sœur de voix, m'aide énormément pour la communication, et c'est elle qui s'occupe du pré-social, la soirée pailletée du vendredi qui permet d'accueillir celles et ceux qui viennent de loin.
L'entrée est libre et ouverte à toutes et à tous : comédiens débutants ou confirmés, intermittents, ingénieurs du son, producteurs… Face à l'IA, je crois plus que jamais à cette communauté. On y partage des conseils, des contacts et du courage.
Deux portraits, sept ans d'écart
En 2019, j'étais une comédienne qui se lançait dans une cabine faite maison. En 2026, je suis une cheffe d'entreprise avec un studio professionnel, une spécialité claire, l'accent américain natif, et une communauté que j'aide à faire vivre. Le métier est plus difficile qu'avant, mais je suis toujours là, et j'aime toujours autant ce que je fais.
Merci à Gilles Motteau d'avoir suivi ce parcours deux fois. Vous pouvez lire ses deux portraits ici :
2019 : « Le Neubourg : elle prête sa voix aux doux accents anglais et américain », Gilles Motteau, Le Courrier de l'Eure, publié sur actu.fr le 5 février 2019.
2026 : « "Ça devient difficile" : depuis l'Eure, cette Américaine exerce un métier de plus en plus concurrencé par l'IA », Gilles Motteau, Le Parisien, 22 septembre 2026. (L'article peut nécessiter un abonnement.)
Vous cherchez une voix off américaine native pour une publicité, un film, un doublage ou une formation ? Écoutez mes démos ou contactez-moi. Je vous réponds en français comme en anglais.
Estelle Hubert & Stephanie Matard à la VO Socail Paris 2026 photo groupe vo social paris 2026 Michael Ashtiany & Stephanie Matard à la voiceover social paris 2026
Questions fréquentes
Où enregistrez-vous vos voix off ?
Dans mon studio professionnel au Neubourg, en Normandie (cabine Studiobricks, Neumann U87). Je travaille avec des clients partout en France et à l'international grâce aux séances dirigées à distance, et je me déplace en studio à Paris aussi !
Comment se passe une séance dirigée à distance ?
Vous vous connectez en direct à mon studio ! Vous m'entendez en temps réel, vous me dirigez comme si vous étiez dans la cabine, et vous recevez les fichiers audio prêts à l'emploi juste après la séance.
Travaillez-vous uniquement en anglais ?
Mon cœur de métier, c'est l'anglais, avec un accent américain standard (General American). Je peux aussi enregistrer en français, avec un accent anglophone bien présent… et charmant, paraît-il ! C'est un vrai atout pour un personnage, une publicité ou une marque qui cherche une touche américaine. Et dans tous les cas, les échanges, les briefs et la direction peuvent se faire en français.
Pourquoi choisir une voix humaine plutôt qu'une voix IA ?
Pour l'interprétation : le rythme, l'émotion, les nuances et la capacité à ajuster une prise en direct selon vos indications. C'est ce qui fait qu'un message touche vraiment votre public.
Depuis quand êtes-vous comédienne voix off ?
Depuis 2018 ! Mon parcours a fait l'objet de deux portraits de Gilles Motteau, en 2019 (Le Courrier de l'Eure) et en 2026 (Le Parisien).





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